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Les quartiers

Diagnostic Territorial :

Le Vallon des Fleurs.

Octobre 2005
2ème année A.S.

Dans le cadre de l’Intervention Sociale d’Intérêt Collectif, nous, étudiants Assistants de Service Social de 2ème année, avons effectué un diagnostic territorial sur le quartier du Vallon des Fleurs à Nice.

D’après la définition du Comité Supérieur en Travail Social, l’intervention sociale d’intérêt collectif envisage les conditions d’existence d’une population sur un territoire donné. Elle se donne pour objectif la prise en compte d’intérêt collectif, entendue comme des facteurs susceptibles de faciliter la communication sociale de divers groupes, et par là, d’aider à la maîtrise de la vie quotidienne dans ses différentes dimensions.

Ce travail s’inscrit dans l’unité de formation I : théorie et pratique de l’intervention en service social. Il s’adresse tout à nos formateurs, aux résidents du quartier, aux travailleurs sociaux intervenant sur le territoire.

Le quartier du Vallon des Fleurs est né en 1959.A cette époque, les pouvoirs publics entreprenaient une politique de logements sociaux. Ce quartier se compose de dix bâtiments situés le long de l’avenue Henri Dunant. La population y résidant était constituées principalement des personnes venues d'un milieu rural ou issues de l'immigration (Italiens, Pieds Noirs,...).

Cette « cité » était en pleine ascension sociale nonobstant, dans les années 70-80. Puis, elle a connu une phase de relégation sociale, avec l’apparition de la toxicomanie, et les nombreux décès causés par l'épidémie du SIDA. Aujourd’hui, le Vallon des Fleurs a perdu sa représentation de « quartier- village », la population y vieillit, et une monotonie s’y installe. Afin d’élaborer ce diagnostic territorial, nous nous sommes appuyés sur la parole des usagers et des travailleurs sociaux intervenant sur le territoire.

Ce travail s’est effectué à travers une observation de terrain ainsi qu’à l’aide de questionnaires. Dans le but d’obtenir une photographie du quartier, nous avons réalisé des recherches historiques et socio- démographiques à l’aide de la presse, d’Internet, de documents officiels et d’archives.

Dans un premier temps,  nous vous présenterons les caractéristiques du quartier du Vallon des Fleurs. Puis, nous aborderons l'analyse et l'interprétation du recueil de données concernant la population interrogée. Enfin, nous examinerons les constats recueillis auprès des professionnels, intervenants et  présents sur le quartier.

SUITE

II. Population

Cette recherche nous a amené à nous interroger sur différents thèmes et définitions qui ont été indispensable afin de débuter ce travail.

 

A. Définitions et Constat.

-population: 1, ensemble des habitants d’un espace déterminé.

2, ensemble des personnes constituant, dans un espace donné, une catégorie particulière (ex: population rurale).

-quartier: 1, division administrative d’une ville ayant certaines caractéristiques ou une certaine unité (ex: quartier commerçant ou quartier bourgeois).

-village: 1, ensemble des habitants d’une telle localité.

2, groupement d’habitations permanentes dont les habitants en majorité, sont engagés dans le secteur agricole.

-populaire: 1, qui s’adresse au peuple ou public le plus nombreux, qui est jugé conforme aux goûts dans de la population la moins cultivée.

2, connu et aimé de tous du plus grand nombre; qui a la faveur du plus grand nombre.

Le quartier du Vallon des fleurs est né en 1959 avec la mise en place de la politique des logements sociaux en France.

A cette époque, la population de la cité est composée de personnes issues du milieu rural du moyen pays niçois, de Pieds noirs (venant d’Algérie, Tunisie, Maroc) et d’Italiens.

Progressivement, une population plus précaire dans les années 70/80 fait son apparition. La toxicomanie se répand parmi les personnes nées dans les années 60/65, ainsi que l’épidémie du sida. Le chômage augmente en même temps que la population, et le nombre de rmistes. Cela devient un quartier à risque mais pas encore sensible.

En 1971, une légère réhabilitation intervient, mais seule la couleur des poubelles change.

Un sentiment d’insécurité commence à émerger.

Depuis les années 90 jusqu’à aujourd’hui, on assiste à un vieillissement de la population. Il y a une perte d’identité de la part de la population et du quartier vis à vis de ces habitants, de la ville, on ne parle plus de « quartier village ». En effet, autrefois, une réelle ambiance villageoise régnait caractérisé par une entraide et un respect de leur environnement.

La toxicomanie change, la consommation d’héroïne laisse place au cannabis.

A la différence des périodes précédentes, l’isolement devient le maître mot du quartier et de ces habitants.

De nouveaux arrivants renforcent cet isolement d’un point de vue relationnel, il y a moins d’entraides entre les voisins, une perte de dynamisme et un manque de communication.

De plus, on constate que les commerces ont petit à petit disparus, il n’en reste aujourd’hui que quatre. Les associations disparaissent dans le même temps (association de l’amicale, Maison des jeunes…).

D’un point de vue géographique, le quartier est enclavé entre la colline, les murs et les résidences.

 

B. Analyse.

La population du Vallon des fleurs comporte 2 193 habitants dont 1 205 femmes et 925 hommes.

Pour cerner au mieux les besoins de la population de ce quartier, un questionnaire a été émis. Après avoir interrogé 55 personnes, nous avons procédé au dépouillement. (cf. annexes).

On a pu recenser 24 hommes et 31 femmes sur 55 habitants, toutes les personnes interrogées sont de nationalité françaises.

     

-        21 habitants ont plus de 56 ans, (17 étant des femmes et 4 des hommes).

-        12 habitants ont entre 36-55 ans,( 5 étant des femmes et 7 des hommes).

-        9 habitants ont entre 26-35 ans, (5 étant des femmes et 4 des hommes).

-        9 habitants ont entre 15-25 ans, (4 étant des femmes et 5 des hommes).

-        4 habitants ont moins de 15 ans, (4 étant des hommes).

Ce recensement permet de constater une population vieillissante.

 

            Les habitants âgés de + 56ans.

Il en est ressorti que 13 habitants de + 56 ans sont présents dans le quartier depuis plus de 25 ans. 19 sont retraités et veufs (1 homme sur 4 et 9 femmes sur 17).

Leurs revenus sont,

Chez les femmes :

·       moins de 600 € pour 11 femmes.

·       entre 601 et 1100 € pour 3 femmes.

·       entre 1101 et 1500 € pour 3 femmes.

Chez les hommes :     

·       moins de 600 € pour 1 homme.

·       entre 601 et 1100 € pour 3 hommes.

 Les habitants âgés de 36ans à 55ans .

Ils sont pour la plupart dans le quartier depuis plus de 10ans et sont salariés. 7 sont mariés (2 femmes sur 5 et 5 hommes sur 7).

Leurs revenus sont,

Chez les femmes :

·       moins de 600 € pour 2 femmes. 

·       entre 601 et 1100 € pour 1 femmes.

·       entre 1101 et 1500 € pour 1 femmes.

·       entre 1501 et 2000 € pour 1 femmes.

 Chez les hommes :

·       moins de 600 € pour 2 hommes.

·       entre 601 et 1100 € pour 1 hommes.

·       entre 1101 et 1500 € pour 2 hommes.

·       entre 1501 et 2000 € pour 1 hommes.

·       Plus de 2001 € pour 1 hommes.

 

  Les habitants âgés de 26ans à 35ans .

Ils sont pour la plupart dans le quartier depuis plus de 25 ans et sont salariés. 5 sont célibataires (3 femmes sur 5 et 2 hommes sur 4).

Leurs revenus sont,

Chez les femmes :

·       moins de 600 € pour 2 femmes.

·       entre 601 et 1100 € pour 2 femmes.

·       entre 1101 et 1500 € pour 1 femmes.

Chez les hommes :

·       entre 601 et 1100 € pour 1 hommes.

·       entre 1101 et 1500 € pour 1 hommes.

·       entre 1501 et 2000 € pour 2 hommes.

   Les habitants âgés de 15ans à 25ans .

Ils sont pour la plupart dans le quartier depuis plus de 10 ans, sont salariés. 6 sont célibataires (3 femmes sur 5 et 3 hommes sur 5).

Leurs revenus sont,

Chez les femmes :

·       moins de 600 € pour 2 femmes.

·       entre 601 et 1100 € pour 1 femmes.

 

Chez les hommes :

·       moins de 600 € pour 1 hommes.

·       entre 601 et 1100 € pour 2 hommes.

·       entre 1101 et 1500 € pour 2 hommes.

Par conséquent, sur 55 personnes interrogées :

- 21 personnes perçoivent des revenus inférieurs à 600 €.

- 14 personnes ont des revenus inférieurs entre 601 et 1100 €.

-        16 personnes ont des revenus supérieurs à 1101 €. 

 

Les habitants de moins de 15 ans.

Ils sont tous dans le quartier depuis moins de 5 ans et sont scolarisés.

Concernant l’évolution du quartier :

- 25 personnes ne constatent aucune évolution.

- 20 personnes constatent une évolution négative.

- 10 personnes constatent une évolution positive.

Sur 21 personnes ayant + de 56 ans : 14 parlent d’une évolution négative et 6 n’en trouvent aucune. 1 seule amène une réponse positive.

L’aspect négatif est évoqué en terme de perte de qualité de vie, de changement de mentalités, de détérioration de l’environnement du quartier.

Néanmoins, 12 personnes des + de 56 ans disent s’y plaire.

Sur 12personnesde 36 – 55 ans : 6 ne constatent aucune évolution, 3 constatent une évolution négative et 3 constatent une évolution positive. 7 personnes disent s’y plaire.

Sur 9 personnes de 26 – 35 ans : 7 ne constatent aucune évolution, 2 une évolution positive. 8 personnes disent s’y plaire.

Sur 9 personnes de 15 - 25ans : 4 ne constatent aucune évolution, 3 personnes constatent une évolution négative et 2 personnes une évolution positive. 5 personnes disent s’y plaire.

Les habitants de moins de 15 ans sont mitigés et disent s’y plaire.

Concernant les désagréments apparus dans le quartier, les termes récurrents sont :

-        insécurité

-        insalubrité,

-        incivisme,

-        manque d’animation.

De façon générale, la population n’évoque pas de sentiment d’insécurité (32/55).

A contrario, ce malaise prédomine chez les femmes, plus particulièrement chez les26-35 ans (4 personnes sur5) et les + de 56 ans (9 personnes sur17).

50 personnes de la  population du Vallon des Fleurs trouvent le quartier insalubre.

34 personnes disent ne pas participer pas aux animations de quartiers.

Concernant les relations de voisinage :

La population du quartier connaît son voisinage (53/55). Il existe une certaine entraide (30/55) mais elle se limite entre les habitants d’un même bâtiment.

Des contacts entre habitants existent (47/55).

Les relations dans le quartier sont qualifiées de passables ou conflictuelles (25/55) et bonnes (20/55).

Les relations intergénérationnelles :

Elles apparaissent majoritairement comme passables, conflictuelles ou médiocres  (36/55) et bonnes (19/55).

Les relations interculturelles :

Celles-ci ressortent comme étant passables, conflictuelles ou médiocres (37/55) et  bonnes (17/55).

Au sujet de la réhabilitation en cours :

24 habitants disent être satisfait, 17 attendent la fin des travaux pour se positionner et 14 ne sont pas satisfaits.

Quant aux services de proximité :

33 estiment qu’ils sont insuffisants, 30 ne les trouvent pas suffisamment accessibles. Plus particulièrement pour les + de 56 ans (18 personnes sur 21).

 

C. Interprétation.

Les habitants du quartier qui l’ont vu naître ont un fort sentiment d’appartenance au territoire, c’est à dire qu’ils se sentent dans «un espace d'histoires, habité par la mémoire, les représentations et les usages concrets. » (Philippe MONDOLFO ; Conduire le développement local ; 2ème édition ; DUNOD ; pg 221).

En effet, ils sont venus s’installer en famille et un bon nombre se connaissaient déjà. Ils ont assisté à l’essor du Vallon des Fleurs et donc à la construction en 1971.Durant les vingt premières années, le quartier est en pleine ascension sociale. Cette notion s’explique comme «l’élévation d'individu ou de groupe dans l'échelle sociale », il s’agit de tout «déplacement d’un individu, d’un objet, d’une valeur sociale ou d’un groupe d’une position sociale à l’autre. » (SOROKIN ; Le lexique des sciences sociales ; 6ème édition ; DALLOZ). Le Vallon des Fleurs a été qualifié de « quartier village », car il était marqué par l’entraide et le respect de leur environnement. Les personnes venues s’y installer, recherchaient la tranquillité. C’est ce que leur permettait ce lieu, excentré de la ville et conservant un aspect rural caractérisé par de nombreux espaces verts. Cependant, le Vallon des Fleurs est géographiquement isolé, «état d'une habitation, d'un lieu à l'écart ». (Le petit Larousse, 2000). Aujourd’hui, les quelques commerces qui entouraient le quartier ont disparus ; et il est difficile pour les personnes non véhiculées et physiquement fragilisées d’accéder aux différents services.

Ainsi, le quartier a subit de profondes mutations dans les années 1970-1980. Beaucoup d’habitants déménagèrent,pour se rapprocher du centre, pour découvrir une autre réalité de la ville. On peut penser que l’isolement géographique a joué un rôle. Nous verrons par la suite qu’il a entraîné aussi un isolement relationnel. Celui-ci est défini par l’INSEE comme un fait touchant «des personnes qui n’ont qu’un nombre très faible de contacts avec les autres (sont concernées les personnes âgées et les personnes socialement défavorisées ayant des ressources faibles et peu diplômées) ».

Dans les années 1990, une nouvelle vague d’arrivants, essentiellement des quartiers de l’Ariane et des Moulins, s’installa au Vallon des Fleurs. C’est à cette période que le quartier entra dans une phase de relégation sociale, c’est à dire qu’il fût mis à l’écart. D’un côté, nous avons les nouveaux arrivants qui ont majoritairement de faibles revenus, des origines culturelles différentes et peu de diplômes. De l’autre côté, nous avons la population vieillissante, habitant depuis de nombreuses années sur le site.

Nous pouvons nous demander si ce phénomène ne découle pas de la politiques des logements sociaux. C’est à dire, la population y est-elle logée sur critères sociaux, ou est-ce aussi par choix ?

Ceci étant, cette nouvelle cohabitation entraîne des confrontations. En effet, les premiers habitants ont le sentiment d’appartenir au quartier, à son histoire, les derniers arrivants quant à eux, ont du mal à être intégrés et acceptés par les plus anciens. Cette situation se manifeste aussi par des actes d’incivismes, «acte, comportement qui manifeste l"ignorance ou le rejet des règles élémentaires de la vie sociale » (Le petit Larousse, 2004), celles-ci se rapprochant du phénomène sociétal d’insécurité. On peut alors déduire qu’il existe une difficulté de communication entre les anciens habitants et les derniers arrivants. Cela peut être une explication possible au sentiment d’insécurité qui émerge au Vallon des Fleurs. L’ignorance culturelle est-elle responsable ? L’écart générationnel a-t-il un rôle conséquent ? Les jeunes iraient volontiers aider les personnes âgées, cependant, leur langage et leurs attitudes leur font peur. On peut penser que l’isolement relationnel dont sont victimes les habitants du quartier est le résultat de ces écarts générationnels, culturels mais aussi de cet isolement géographique. En effet, lorsqu’on revient sur l’histoire du quartier, les habitants se connaissaient, se fréquentaient et s’entraidaient.

 Or, aujourd’hui les habitants se connaissent mais se fréquentent moins. En effet, la solidarité entre voisins se limite aux personnes d’un même bâtiment.

Le manque de communication actuel, qui s’est installé avec les flux de population a engendré de l’individualisme. Les personnes ne se font plus confiance. L’entraide n’est donc plus le maître mot du Vallon des Fleurs. Toutes ces transformations ont abouti à une perte de dynamisme du quartier.

 

 Les personnes âgées ne sortent que pour faire leurs courses dans les rares commerces environnants. Les jeunes, quant à eux, ne restent pas dans le quartier, ce dernier manquant d’activités appropriées.

Si ce processus persiste et si rien n’est fait pour redynamiser le quartier, celui-ci pourrait finir par se transformer en «cité-dortoir ». Ce phénomène commence déjà à faire parler de lui tant dans le quartier que dans la vision que la population urbaine a de celui-ci. En effet, ne serait-il pas judicieux d’entreprendre des actions collectives pour que les différentes catégories de population puissent  communiquer et relancer ensemble l’évolution du Vallon des Fleurs ? Le Développement Social Local ne serait-il pas une solution ? Comme le décrit Philippe MONDOLFO, il s’agit «d’un processus endogène s'attachant à générer des dynamismes de la part des populations concernées à partir de leurs ressources propres » (pg 18). « La notion de développement a évolué vers une conception multidimensionnelle et croisée des facteurs, s'attachant à valoriser efficacement les richesses internes et externes afin de répondre aux besoins humains essentiels dans les domaines de la santé, de l'éducation, des droits politiques, de la sécurité, etc. [...] La notion ne met plus uniquement l'accent sur la dimension économique mais incorpore la légitimité et le pouvoir que peuvent prendre les personnes sur les décisions qui concernent leur vie. » (pg 25)

Après avoir pris connaissance des différentes caractéristiques de la population du Vallon des Fleurs, nous allons à présent mettre en évidence le rôle des professionnels sur le quartier.

SUITE

La non appartenance des habitants du quartier semble représenter un refus dans la participation. Cette particularité ne démontre pas forcement un manque d’intérêt à la vie publique et sociale de leur quartier. Elle apporte aux personnes une liberté individuelle, pour agir et ils n’ont pas besoin des autres pour passer à l’action. Lorsqu’on se penche sur le développement social local, on constate comme nous l’annonce Philippe Mondolfo dans son ouvrage Conduire le développement socialque « les projets sont trop intellectuels, ce sont de belles paroles, cela donne bonne conscience, c’est trop éloigné de la réalité des gens qui ont besoin de choses qui se rattachent au quotidien » . De plus les professionnels sont souvent plus motivés que les habitants, qui au fur et à mesure du projet, ont une mobilisation amoindrie. Le mutisme et la non participation des habitants ne témoigneraient-ils pas d’un profond mécontentement vis-à-vis des politiques, et des multiples démarches enchaînées, sans résultat probant, engagées pour améliorer leur quotidien ?

La cité du Vallon des Fleurs est géographiquement isolée, elle est excentrée de la ville. Toutefois, cet éloignement à des avantages. C’est un quartier calme, loin des nuisances sonores du centre ville.

Cependant le quartier est desservi par une seule ligne de bus. Ce qui génère des difficultés, notamment pour la scolarité car les collèges et lycées sont éloignés.

De plus, le quartier est composé de personnes âgées ayant des difficultés à se déplacer. Ainsi que d’une population en situation précaire dont l’isolement peut être un obstacle à une insertion professionnelle, sociale et  favorise le repli sur soi.

Par ailleurs, peu de commerces de proximité sont implantés au sein du quartier. Les habitants doivent sortir de celui-ci pour avoir accès aux différents services. Selon les professionnels, il faudrait augmenter le nombre de commerces et d’antennes de service.

Cependant certains nous ont confié leur difficulté à « gagner leur vie ». En effet nombreux sont les locaux actuellement non occupés, il semblerait que les commerces aient du mal à survivre. Le quartier ne faisant qu’office de lieu de passage, les usagers qui permettent aux commerces de subsister sont les habitants du quartier.

 Pour comprendre le problème nous avons essayé de mettre en évidence certains éléments qui pourraient être à l’origine de ce manque de lien social.

1- l’absence de représentations collectives semblables ou proches qui s’illustre par un clivage de la population du vallon des fleurs :

 - d’un côté les  « anciens habitants » qui sont là depuis l’origine de la création du quartier HLM en 1959. Depuis lors ces habitants ce sont construit une histoire commune avec un système de valeur propre (« quartier village », esprit de famille, solidarité, convivialité, communication..).

 - de l’autre côté, les « nouveaux habitants » qui arrivent issus des autres quartiers de Nice dit « sensible » avec une culture différente. Cette caractéristique à déclencher des peurs et à favoriser la stigmatisation de ces habitants. En outre, un événement marquant vient consolider ces représentations négatives : l’investissement de l’immeuble 7 par une même famille. Ce phénomène représente un précédent qui alimente la peur : peur de voir ce fait se généraliser.

Une absence d’un fonctionnement satisfaisant des processus d’intégration permettant la participation de chacun aux divers échanges :

 - certaines associations implantées dans le quartier (café causette, espace famille), voient une fréquentation très timide des habitants.

 - l’association des habitants de quartier et un autre exemple qui illustre bien le décalage entre ce qui est proposé et les attentes des habitants : voyage  en Italie ou en Espagne qui bénéficie plus à des personnes extérieur au quartier.

 - le regard mitigé des habitant sur la réhabilitation des immeubles, voir même la déception pour certains qui ont le sentiment de ne pas être écouté par les pouvoirs publics.

Le quartier du vallon des fleurs se trouve actuellement dans une période charnière. Toutefois, ses habitants le perçoivent encore comme un quartier calme et tranquille où règne une certaine sécurité malgré un affaiblissement du lien social et un manque de reconnaissance des pouvoirs publics.

Paradoxalement, quelques ingrédients sont pourtant présents tels que : l’opportunité du contrat de ville, la présence d’un tissu associatif, une certaine attente et demande des habitants.

Peut-être manque-t-il un déclencheur interne ou externe au quartier capable d’impulser une dynamique ?

 Le diagnostic territorial effectué au sein du quartier du Vallon des fleurs nous a permis de mettre en commun  nos recherches.

Ces dernières autant d’un point de vue socio-démographique qu’auprès de la population ou des professionnels, nous a permis de mettre en évidence les principales mutations de ce quartier.

Trois phases évolutives sont à distinguer :

- Une phase d’ascension liée à la politique des logements sociaux en France qui avait pour objectif d’améliorer la qualité de vie des couches populaires.

- Une phase de relégation sociale qui a vu émerger des problèmes propres au quartier ainsi qu’un désengagement des pouvoirs publics.

- Une phase d’attente qui actuellement dépend des effets de la réhabilitation amorcée.

Nous constatons une détérioration du lien social qui a été accentuée par l’isolement géographique du quartier.

De l’isolement géographique découle l’isolement relationnel et social. En effet, notre démarche a mis en évidence le manque d’infrastructures, qui ont ralentis l’émergence d’une nouvelle dynamique de quartier.

La principale problématique de ce quartier relève de la vision qu’en ont les habitants. Se sont confrontés d’une part l’ancienne génération qui a évoluée avec le quartier depuis sa construction et d’autres part les nouveaux arrivants (autres quartiers de Nice). Ces deux « entités » revendique chacune de leur côté leur affiliation au Vallon des fleurs ainsi que la tentative de s’approprier ce territoire.

A ces difficultés relationnelles se sont ajoutés des actes d’incivisme et divers conflits inter-générationnels. Bien que le quartier du Vallon des fleurs soit à l’heure actuelle considéré comme « calme », un sentiment d’insécurité se définit et s’accentue.

Par ailleurs, le manque de communication isole de plus en plus pouvoirs publics, professionnels et populations.

Les effets de la réhabilitation amorcée dans le cadre du contrat ville illustre bien cette absence de communication. 

Il est évident que ce décalage entre le projet et les attentes des habitants engendre une perte de confiance envers les pouvoirs publics ainsi qu’une certaine démobilisation.

A la rénovation de ce quartier devrait s’ajouter un projet socio-éducatif et culturel car cela permettrait à la population de s’investir et de devenir actrice de son développement.

Certaines potentialités sont notables. Les habitants désirent que leur quartier et donc que leur quotidien évolue positivement tout en sachant qu’un investissement de leur part est nécessaire. Cela leur permettrait de sortir peu à peu de leur isolement puis de coopérer de manière constructive avec les pouvoirs publics.

La réhabilitation est peut-être l’action qui va rétablir le lien entre les politiques et les habitants du quartier.

Bien que ce dernier ne soit pas qualifié de « sensible », il doit revivre afin qu’il ne devienne pas « une cité dortoir » à proprement parler.

 Ce devoir nous a permis de prendre conscience des difficultés rencontrées lors de travaux collectifs, spécifiquement à 30 personnes. Toutefois, ce dernier a su nous faire acquérir des méthodes de travail qui seront essentielles dans notre profession.

Cela était enrichissant de part, les échanges et les points de vue différents.

fin


I.  Approche socio-démographique .

Dans le cadre de cette approche, il nous a parut nécessaire de présenter  l‘historique du quartier du Vallon des Fleurs , de délimiter le quartier par des cartes, avant d’établir un état des lieux.

 A. Historique.

Le Vallon des fleurs était un vaste domaine au XIXe siècle où se déroulait une vie mi-mondaine mi-pastorale. Son nom provient des champs de fleurs et des arbres immenses qui, à l’époque, recouvraient le domaine. On y trouvait des échoppes d’artisans, des laiteries, des fermes. Ce domaine appartenait à la haute bourgeoisie niçoise. Le comte Cais de Pierlas transforma cet immense terrain planté de cultures maraîchères en un jardin unique composé d’espèces rares. Son successeur le comte de Chambrun (créateur du musée social de Paris) inaugure en 1890 le temple de Diane (St Maurice). De nombreux concerts ont lieu et réunissent la population jusqu’en 1899 date de la disparition du comte.

Ceci marque la fin de la vie mondaine dans le quartier. Le temple de Diane devient un lieu de rencontre : en 1906 un palais des glaces, puis un Vélodrome (le long de l’avenue Henry Dunant) dynamisent le quartier et la population afflue. Le quartier perd peu à peu son allure campagnarde et l’urbanisme chasse les champs de fleurs.

C’est à partir de 1920, date de la vente du domaine à une société immobilière, que le quartier change de visage. Des lotissements apparaissent et les artisans se font de plus en plus rares. Après la 2nde Guerre Mondiale, le territoire est réaménagé. Un programme de 500 H.L.M est mis en place dans le quartier pour répondre à la réalité sociale (2500 nouveaux habitants y sont attendus). Le vallon des fleurs ne garde que son nom en guise de bouquet et les parcelles de terre maraîchères disparaissent ainsi que les modestes villas de l’avenue Vismara, Mimosas et de la Marne. En 1960 on érige les huit premiers bâtiments qui constitueront la cité du vallon des fleurs. Les deux derniers bâtiments seront construits en 1971.

L’évolution historique démographique de la ville explique la mutation du quartier du vallon des fleurs.

La croissance démographique à Nice est impressionnante depuis 1945 et explique l’essor de la construction de nouveaux bâtiments. De 1946 à 1971, la population niçoise passe de 448 973 habitants à 744 100 habitants soit une augmentation de 65 % en 25 ans (alors que l’augmentation pour la  France est de 27 %). On relève trois phases de peuplement en 1946 et 1973 :

  • 1946 à 1954 : 58 515 habitants immigrés.
  • 1954 à 1962 : l’immigration dépasse 104 000 habitants.
  • 1962 à 1973 : affluence de plusieurs milliers de français d’Algérie (25 000 pieds-noirs).

Depuis 1962 il y a de plus en plus de travailleurs maghrébins (7000 algériens et 15 000 en 1973 auxquels s’ajoutent 12 746 tunisiens / 5 000 marocains pour un total de 32 532 maghrébins. En même temps les italiens et espagnols affluent (44 966 italiens et 7 846 espagnols en  1973).

Nice connaît une augmentation de son nombre d’actifs surtout pour les secteurs secondaires et tertiaires. Elle attire plus de 60 % du nombre d’actifs du département en 1968.

A cette époque on note le déclin de l’agriculture et un exode rural important. En 1954, l’agriculture comptait 30 350 actifs alors qu’en 1968 ils ne sont plus que 19 320.

    Les événements de politique étrangère déclenchent une phase d’urbanisation et de peuplement. De 1948 à 1970, on bâtit des immeubles au rythme de 17 par jour.
  • De 1952 à 1953 les constructions de logements sont modérées (798 logements par an).
  • De 1954 à 1962, 2 341 logements sont construits chaque année.
  • 1957- 1960 : Il y a un souhait de construire une nouvelle génération d’immeubles et en même temps, il y a une création de logements sociaux pour les plus défavorisés.

Les premières cités H.L.M sont érigées (Las Planas, Vallon des Fleurs). Le but est d’assainir les immeubles. La physionomie du pays niçois se bouleverse et les villages deviennent des agglomérations.

L’agglomération niçoise semble ne pas avoir maîtriser son développement.

Le prodigieux essor des constructions résulte d’une demande qui provoquait l’achat de près de 10 000 appartements chaque année. Du coup les immeubles de béton toujours plus denses et plus hauts poussent sans tenir compte de l’environnement. Les constructions se font sans plan d’urbanisme efficace et réduisent les espaces verts. Les agressions du cadre de vie sont nombreuses car le contexte des quartiers n’est pas pris en compte.

Les anciens faubourgs font place à des quartiers neufs qui sont autant de quartiers dortoirs satellites. Les quartiers du vallon des fleurs, de l’Ariane, Saint Roch, Pasteur ont surgi à l’emplacement des anciennes zones maraîchères pour le seul logement d’une main-d’œuvre employée dans les grandes entreprises de bâtiments ou dans les services dépendants de cette activité.

Cependant, les équipements n’ont pas suivi la rapidité de la construction à Nice où la qualité de vie se détériore. Les quartiers sont peu fréquentés par les véritables niçois.

Sans encadrement culturel, sportif, artisanal, commercial, disposant d’un équipement scolaire insuffisant, ces quartiers sont le siège de la plus forte délinquance de la ville.

Ils sont habités par une population récemment venue à Nice et une ségrégation spatiale s’est organisée dans l’espace communal.

B. Etat des lieux.

Panorama du quartier : approche objective

  Il apparaît nécessaire de dresser un état des lieux du quartier du Vallon des Fleurs avant de dégager par thématique les dysfonctionnements constatés.

  1)      Les logements

 

Le quartier du Vallon des Fleurs est principalement composé de logements sociaux, sur 866, seulement 163 logements ont été acquis par des particuliers.

La gestion de l’habitat revient donc à l’OPAM (bailleur social) pour l’ensemble des HLM du Vallon des Fleurs.

Le parc locatif social du Vallon des Fleurs :

Il se divise en deux parties :

La première a été construite en 1959 et se compose de 429 logements, réparties sur 8 bâtiments.

Pour cette partie on recense 246 places de parking et 28 entrées.

Une première réhabilitation a été effectuée en 1971

La seconde partie du parc locatif  est composée de 64 logements construits en 1971, répartis sur 2 bâtiments, sans place de parking et dont l’accès se fait par 2 entrées.

Le mode de chauffage diffère en fonction des bâtiments, ainsi les bâtiments 3/8/9/10 ont le chauffage central et les bâtiments 1/2/4/5/6/7 disposent d’un chauffage individuel par radiateur modulable à gaz.

 

2)      Les écoles

Dans le secteur du Vallon de Fleurs  :

- Ecole maternelle et élémentaire Les Acacias (123 avenue H. DUNANT)

Hors secteur mais fréquentée par les habitants du quartier :

- Ecole maternelle et élémentaire Rosa Linde Rancher (20 Vieux Chemin de Gairaut )

 - Collège H. Matisse mal desservi par les transports en commun (avenue de la reine Victoria) .L’accès se fait principalement à pied par le Chemin de la galère.

 

3)      Equipements Sportifs

 - Un équipement communal : CSL (Centre Sportif et de Loisirs)   164 avenue H. DUNANT

Activités sportives et de loisirs pour enfants et adultes, avec une cotisation au mois, au trimestre ou à l’année.

 - Un terrain de football situé en dessous des HLM, disposant d’un sol goudronné.

  

4)      Jardins

-  De nombreux petits espaces verts, non entretenus

-  Des jardins d’enfants, grillagés

  

5)      Structures associatives

Espace Famille (112 avenue H. DUNANT) :

Implanté par le centre d’études et d’actions sociales, il s’agit d’un lieu ouvert à tous.

Relais d’information, de renseignements, lieu d’écoute, de parole et d’échange, qui travaille en partenariat avec le Conseil Général, l’ANPE, la mission locale, la CAF ainsi qu’avec diverses associations telles que PRISMES, MONTJOYE, CLER.

·  Ateliers à thèmes ponctuels

·  Ateliers d’aide à la recherche d’emploi

·   Rencontres débats

 - Equipe Saint Vincent de Paul (103 avenue H. DUNANT)

·       Divers ateliers, deux fois par semaine, pour enfants et adultes.

·       Permanence sociale une fois par semaine

·       Accompagnement scolaire, deux fois par semaine pour les enfants de 6 à 12 ans

 

-        Deux associations de parents d’élèves :

Ecole maternelle et élémentaire « Les Acacias »

 

« Pétanque HLM Vallon des Fleurs » / « Les amis de la pétanque » clos bouliste  géré par l’INS

 

- Café Causette

 

- Amicale du Vallon des Fleurs (bât 9)

 

- Comité de quartier

 

 6)      Commerces

 *  AMIS Dépannage Informatique

*  Bar- Tabac (à l’angle de l’avenue Vismara)

*  Boulangerie, dépôt de pain, ouverte uniquement le matin. Une autre boulangerie située tout en haut de l’avenue Dunant, ouverte matin et après midi, reçoit le pain pré cuit et menace de fermer.

*  Carrosserie

*  Cave à vins « Le Savour club », clientèle spécialisée ne provenant généralement pas du quartier

*  Magasin de location d’appareils médicaux